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Mardi 25 avril 2006 2 25 /04 /Avr /2006 20:01
- Par AFAR - Publié dans : pages-fr
Extraits de Ocytocine : l’hormone de l’amour, par Prof. Kerstin UVNÄS MOBERG. Le Souffle d’Or, 2005.

L’équilibre essentiel

Pages 43-51

Ce livre décrit un mécanisme physiologique qui ressemble, d’une part, à la réaction lutte-ou-fuite, et d’autre part à la réaction contraire. Il opère, non pour nous mobiliser pour la défense, mais pour nous ralentir, afin de promouvoir la croissance et la récupération. La réponse d’activation est facile à reconnaître, mais l’autre réponse se découvre de la même façon qu’une photo serait tirée à partir de son négatif. Lorsque le blanc devient noir et le noir devient blanc, ce qui était auparavant invisible, se révèle. C’est ainsi pour le système calme-et-contact. Tout le monde l’appréhende intuitivement, mais peu savent le regarder comme une chose en soi, le revers du système lutte-ou-fuite.

Lutte ou fuite

Grâce à un système ingénieux de signalisation, le corps humain (et animal) est construit pour vivre en interaction avec son environnement pour fournir, à chaque instant et en chaque situation, la réponse optimale de survie individuelle, et donc de sauvegarde de l’espèce. Le stress, qu’il soit physique ou psychologique, incite le corps à mobiliser toute son énergie disponible pour faire face à un défi, en attendant que le problème s’arrange et qu’il puisse se relâcher. Nous réagissons aux situations difficiles essentiellement de la même manière que les premiers hommes. Notre système physiologique rassemble toute son intelligence innée face à l’enjeu de la survie. Il y a deux façons d’agir nous nous défendons activement contre ce qui constitue une menace ou nous prenons la fuite. (Il arrive, en certaines circonstances, que nous ayons recours à une réponse de passivité, une version humaine de la réaction de l’animal qui « fait le mort ».)

Pensez à la dernière fois où vous étiez réellement en colère ou apeuré. Rappelez-vous comme votre cour se mettait à battre plus fort et plus vite. Le stress provoque l’augmentation de la fréquence et l’intensité des battements du cour et la circulation apporte un flux accru de sang aux muscles. En plus, votre foie libère de l’énergie sous forme de glucose, un supplément de carburant pour ces mêmes muscles. Il serait juste de dire que vous devenez plus fort lorsque votre corps se prépare à fonctionner à sa capacité maximale.

Cette mobilisation n’est pas la seule réaction physique qui augmente votre potentiel de performance. Vos poumons se dilatent et vous respirez plus rapidement ; le corps augmente sa ventilation et élève le taux d’oxygène dans le sang. Les pupilles se dilatent pour élargir votre champ visuel et permettent ainsi une meilleure identification d’un danger éventuel.

Quelqu’un vous voyant en cet état noterait, peut-être, un changement de la couleur de votre peau. À cause d’un afflux ou d’un reflux de la circulation sanguine cutanée, vous devenez rouge de colère ou blanc de peur, selon la situation. Au niveau invisible, la circulation sanguine de l’estomac et des intestins s’altère également et tout le système digestif en est affecté. La réduction de l’apport du sang et donc de l’activité de certaines parties du corps est une des façons pour le corps, dans son infinie sagesse, de faire des économies d’énergie et de l’utiliser là où il en aurait le plus grand besoin. Ce n’est pas important de digérer les aliments et de stocker les nutriments quand il s’agit de la survie.

Dans des situations de défense ou de stress et donc de l’activation du versant sympathique du système nerveux autonome (qui régule les fonctions corporelles involontaires), l’activité cardiaque est augmentée pour élever le débit de sang aux muscles concernés par le mouvement. Ainsi, les conditions exigées par l’effort sont améliorées ; la noradrénaline y joue un rôle important. Les surrénales s’activent et sécrètent davantage d’adrénaline et de cortisol (les hormones du stress) dans le sang. (La deuxième partie explique plus en détail le fonctionnement du système nerveux central en amont de ces réactions.)

Calme et contact

Nous savons tous comme le stress, la peur ou la colère nous affectent physiquement et nous savons également ce qui se passe dans le cas contraire. Imaginez que vous venez de prendre un bon repas ; vous vous laissez aller sur votre chaise et pourriez même vous sentir enclin à vous allonger sur le canapé pour un petit somme. Il se peut que vous soyez moins contrarié par vos problèmes qu’avant le repas. Les petites douleurs se font moins sentir. Vous vous sentez en paix et affichez, peut-être, un sourire de contentement. Vous avez envie de prendre du recul pendant un temps, ou vous goûtez un sentiment de rapprochement avec des personnes autour de vous et souhaitez plus d’intimité et de contact. C’est un moment où vous n’êtes pas du tout stressé ; vous êtes dans un état de calme et de contact.

La vie nous offre beaucoup d’occasions pour ce genre de plaisir. Lorsque nous prenons un bain de soleil sur la plage, c’est ce mécanisme qui nous permet d’en ressentir le bonheur. De la même façon, un bon bain chaud génère un sentiment de bien-être paisible. Le massage nous donne une peau toute rose et permet au corps, et même aux muscles du visage, de se détendre. La méditation, souvent appelée le chemin du calme intérieur, baisse le niveau de tension. Les femmes qui allaitent se détendent et s’ouvrent au contact profond avec l’enfant, à la fois physique et émotionnel ; l’enfant au sein s’apaise.

Tous ces stimuli agréables déclenchent la libération, par le cerveau, de l’ocytocine qui joue un rôle clé dans la réponse calme-et-contact. Le « berceau » de la recherche sur l’ocytocine fut la découverte de son action au moment de l’accouchement et de l’allaitement. Maintenant, nous savons que cet élément biochimique, trouvé chez les deux sexes, joue un rôle-clé dans beaucoup d’autres situations et conditions qui, malgré des différences apparentes, partagent un dénominateur commun : toutes sont caractérisées par la sensation de paix, de relaxation et de contentement.

À l’opposé de la réaction lutte-ou-fuite, la réponse calme-et-contact se distingue par une baisse de la tension artérielle et du niveau de cortisol. L’appétit aurait tendance à augmenter, et la digestion (surtout l’absorption et le stockage des nutriments dans les dépôts graisseux du corps) deviendrait plus efficace. Il y aurait une augmentation de la circulation sanguine dans la peau et les muqueuses et une diminution dans les muscles. Il est intéressant de noter que beaucoup de ces changements s’opèrent immédiatement mais peuvent perdurer. Ainsi, les activités qui influencent le corps de cette manière ont un impact sur la santé, car le maintien du niveau optimal de la tension artérielle et de l’assimilation des aliments est indispensable pour garder la forme.

L’équilibre nécessaire

Il faut souligner le fait que la réaction lutte-ou-fuite et la condition calme-et-contact sont, toutes les deux, essentielles à la vie. Tout comme les autres animaux, nous les êtres humains, avons besoin de lever les défis et mobiliser toutes nos ressources pour entreprendre l’action requise à un moment donné. De la même façon, il nous faut le contraire. Le corps a besoin de digérer nourriture, de remplir ses réserves et de se réparer. Nous avons besoin d’enregistrer des informations, d’exprimer nos sentiments, de s’ouvrir à notre curiosité et d’entrer en relation avec les autres. Ces fonctions nous permettent de récupérer suite à des incidents perturbateurs ou à des périodes plus ou moins éprouvantes.

Nous avons vu plus haut que ces deux états, également nécessaires, ont tendance à s’équilibrer par leur alternance. Lors que nous sommes en train de digérer, nous nous sentons rarement agités, en colère ou stressés. Lorsque nous sommes tendus, en colère ou pressés, notre digestion ralentit et nous devenons moins sociables. Aucun mécanisme n’exclut l’autre, mais l’un ou l’autre peut temporairement prendre le dessus.

Aujourd’hui cependant, la réaction lutte-ou-fuite concerne moins l’éloignement du danger que la confrontation aux demandes continues et excessives de notre environnement. Lorsque la réaction lutte-ou-fuite cesse d’être une mobilisation périodique des capacités corporelles, mais devient un état physiologique quasiment constant, il s’agit d’un stress chronique.

Les prochains chapitres décriront les découvertes de la recherche sur l’ocytocine et sur son rôle lors de différentes situation de calme et de contact. Nous ne savons pas encore dans quelle mesure et de quelles façons ces nouvelles connaissances pourront nous venir en aide, par exemple, pour nous protéger contre les effets négatifs du stress.

L’ocytocine et le toucher

Pages 138-141

La peau chez les humains et les animaux véhicule constamment des informations du monde extérieur au système nerveux et constitue l’organe de sens le plus grand. Elle enregistre la chaleur, le froid, le toucher et la douleur. Chacune de ces sensations est recueillie par les récepteurs appropriés et mise en connexion avec le système nerveux sensitif, qui conduit les impulsions au système central (voir chapitre 4). Grâce à cette « interface », nous pouvons interpréter des messages du monde environnant, qu’ils soient menaçants ou agréables. Nous pouvons facilement distinguer le coup brutal de la caresse affectueuse. Nous transpirons ou manifestons la chair de poule scion l’interprétation des signaux envoyés au système nerveux central.

L’effet double du toucher

La peau possède différents types de récepteurs ; certains enregistrent la douleur, d’autres la chaleur ou le froid et d’autres encore un toucher léger. Lorsque les récepteurs de douleur réagissent à un toucher lourd, un coup, ou une chaleur excessive, un nerf activé envoie le message au cerveau, et d’autres réactions sont déclenchées en conséquence : instinctivement, nous écartons la source de la douleur, ou nous en dérobons en retirant la main ou en sursautant. Dans ce cas, la douleur est suivie par la réaction réflexe lutte-ou-fuite.

La recherche récente montre que le toucher peut activer un ensemble de réponses, totalement différentes de cette réaction familière de lutte-ou-fuite, qui a été étudiée de façon exhaustive. Un toucher agréable et une bonne chaleur activent la réponse calme-et-contact et apportent une sensation de bien-être. Ces effets ne sont pas aussi immédiats que ceux du système complémentaire, mais ils sont souvent plus durables.

Lorsque les nerfs répondant à la douleur et au toucher sont stimulés sur des rats sous anesthésie, il y a augmentation de l’activité du système nerveux orthosympathique, suivie d’une hausse de la tension artérielle et du rythme cardiaque. Le taux des hormones du stress (noradrénaline, adrénaline et cortisol) augmente de pair. Par contre, lors de la stimulation des nerfs concernés par le toucher doux et la chaleur, il y a diminution de la tension artérielle, du rythme cardiaque et du niveau des hormones de stress. En même temps, il y a augmentation du niveau de plusieurs hormones digestives (comme l’insuline), contrôlées par le système parasympathique, aussi bien que du niveau de l’ocytocine.

Sous sédation profonde, les animaux étudiés n’étaient pas conscients de sensations agréables ou désagréables, donc il n’y avait pas de mouvements à constater. Lors de l’application d’un stimulus douloureux appliqué aux rats à l’état de veille, ils donnaient un coup de patte, essayaient de s’enfuir ou même se figeaient sur place. Caressés sur le ventre avec une certaine pression et à une certaine fréquence, ils devenaient moins sensibles à la douleur et moins peureux. La vitesse de quarante passages à la minute, pendant un peu moins de cinq minutes, était la plus efficace. Les rats devenaient plus calmes et moins actifs, tout en étant plus curieux et en s’intéressant plus les uns aux autres. Leur tension artérielle diminuait et restait basse pendant plusieurs heures.

Ces expériences montraient comme la stimulation de certains nerfs sensitifs pouvait provoquer ou la réaction lutte-ou-fuite ou la réponse calme-et-contact, prouvant que ces deux systèmes peuvent être mobilisés par des récepteurs cutanés dans presque toutes les parties du corps. Ces différentes sortes de stimulus peuvent produire des effets physiologiques et comportementaux différents. Comme nous le verrons, ces effets ont des applications possibles dans des thérapies médicales et psychologiques.

L’ocytocine en tant que clé

Nous avons vu que les femmes et les mammifères qui allaitent deviennent plus calmes et moins stressés ; la recherche sur les récepteurs cutanés montre qu’une autre forme de stimulation cause le même effet. Le toucher peut, dans certaine conditions, susciter des réactions similaires chez les deux sexes. Les piqûres d’ocytocine chez des animaux produisent cet effet et laissent supposer que c’est la libération de l’ocytocine par le toucher qui active le système calme-et-contact, comprenant les changements comportementaux et physiologiques déjà détaillés. Différentes sortes de toucher influencent le système de l’ocytocine de la même façon que l’administration de l’ocytocine elle-même. Il y a la confirmation du lien entre le toucher et l’ocytocine car l’administration d’un antagoniste de l’ocytocine empêche la plus grande tolérance à la douleur normalement manifestée sous ocytocine.

Un éleveur de vaches laitières en Allemagne, ayant conçu une brosse (comme pour laver les voitures) pour caresser ses vaches, illustre bien l’effet du toucher. Les animaux devenaient plus détendus, semblaient en meilleure santé et produisaient 26 % de lait en plus.

Il est intéressant de noter que lors des expériences sur des rats, il est plus facile d’induire l’effet calme-et-contact (par exemple, une baisse de la tension artérielle) en caressant le ventre plutôt que le dos.Il se peut que le dos soit davantage lié aux mécanismes de défense, puisque l’absence de vue ne permet pas (l’évaluer facilement le danger de ce qui se passe « derrière son dos ». En plus, les nerfs en connexion avec l’allaitement partent directement du ventre jusqu’au système nerveux central par le nerf vague. Ces nerfs n’empruntent pas la moelle épinière, mais passent d’emblée au cerveau ; ceci expliquerait l’efficacité supérieure des caresses sur le ventre. Pourtant, lorsque j’aborderai le sujet du massage, j’expliquerai comment les massages du dos procurent l’envoi de messages extrêmement calmants au système nerveux.

Le toucher et la croissance

Le toucher régulier et agréable non seulement induit un état de calme mais aussi favorise la croissance. Des bébés ratons, séparés de leur mère, poussent moins bien que ceux qui continuent à recevoir les soins d’elles. En revanche, lorsqu’ils sont brossés doucement, il y a une amélioration de leur croissance ; même les adultes dont la croissance a été retardée par une réaction au stress peuvent rattraper le terrain perdu avec un traitement similaire.

Le toucher est bon pour la croissance et la santé humaines. Pendant des décennies, les études sur les enfants en institution ont montré que la nourriture ne suffit pas à assurer une croissance saine. Sans contact corporel, les processus de digestion sont perturbés et les enfants maigrissent, malgré une alimentation adéquate. Cette « impossibilité à prospérer » peut mettre la vie en danger.

Une explication du lien entre le contact et la croissance serait l’augmentation de la production de l’hormone de croissance dans l’hypophyse (lobe antérieur), processus affecté par l’ocytocine qui favorise également le stockage de nutriments, matière première de toute croissance.
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Lundi 10 avril 2006 1 10 /04 /Avr /2006 09:57
- Par AFAR - Publié dans : pages-fr
Patrick Lemoine

Edito PH Mag, 2003, 8 : 98
In L’enfer de la médecine est pavé de bonnes intentions. Paris : Laffont, 2005.

Nous vivons décidément en absurdie !

Disposant en permanence dans notre cerveau d’une fantastique, d’une extraordinaire pharmacie naturelle qui distribue sans compter une quantité illimitée de drogues psychoactives, nous persistons à enrichir les dealers, nos jeunes continuent à se droguer et les prisons à se remplir. L’Homo est décidément tout, sauf sapiens (sage).

Les récents progrès de la science démontrent que nos neurones sont capables de produire et d’utiliser des drogues comme la morphine (endorphines), de la marijuana ou du haschich (anandamide), de la nicotine (acétyicholine), de la cocaïne et des amphétamines (dopamine), des tranquillisants et hypnotiques (endobenzodiazépines). Toutes ces endosubstances sont les stricts équivalents des fameux paradis artificiels. Toutes permettent d’activer le parc de loisirs de notre cerveau. Nous pouvons donc sans danger et dans la plus stricte légalité nous envoyer en l’air en stimulant notre « voie dopaminergique mésolimbique » (pardon pour le barbarisme)… et pourtant, nous absorbons des tas de saloperies sans nom, des poudres d’illusion.

Les moyens de fabriquer ces substances ? Rien de plus simple : un peu de sport par exemple ; quand un coureur de fond commence à fatiguer, a des crampes, se sent prêt à abandonner… S’il insiste un peu voilà « le deuxième souffle ». Il n’est que de se promener dans un vestiaire de marathoniens en fin de course : l’euphorie est de mise… tout le monde semble avoir gagné. Merci les endorphines ! Vous n’aimez pas le sport ? Essayez l‘amour : l’orgasme déclenche une cascade de plaisir chimique. Voyage garanti jusqu’au septième ciel… et sans retard dans les aéroports.

Quoi ! Vous n’aimez pas l’amour ?

Qu’à cela ne tienne !

Une symphonie inachevée ou non, un film avec Louis de Funès, un concert d’Ella Fitzgerald, le funk, le rap, le rock, le reggae, que sais-je, une partie de paintball, une randonnée en Corse, un match de ping-pong, un poème de Baudelaire, un défilé militaire, un coucher de soleil, une conférence de Bernard-Henri Lévy (là j’exagère), un p’tit air d’accordéon-musette… Yvette Horner… et un raton laveur.

Et pour clore, « L’idée d’un rosier ou un prénom de femme » que chantait Jacques Brel dans son Dernier Repas. Car il se pourrait bien que l’extatique tunnel de lumière que traversent les agonisants (et les rares) qui en sont revenus pour le raconter soient le fruit d’une intense fabrication in extremis de substances consolantes… et tranquillisantes avant le grand saut. L’ultime voyage.

Alors, me direz-vous, qu’est-ce qui nous empêche de nous autoshooter, pourquoi tant de gens se cament-ils, picolent, fument sans vergogne ? Pourquoi les réseaux de dealers, la SEITA et les ivrognes prospèrent-ils à l’envi ?

Il existe de nombreuses explications. Aucune n’est pleinement satisfaisante, mais la seule au fond, c’est la paresse. L’incommensurable fainéantise de tous les organismes vivants. Les animaux sont d’ailleurs pires que nous dans le domaine : donnez trop régulièrement des graines aux oiseaux qui viennent sous vos fenêtres, et ils perdront l’habitude de chercher leur nourriture… Il suffira ensuite que vous vous absentiez quelques jours en hiver pour que ce soit l’hécatombe. Le pli est vite pris, chez eux comme chez nous.

Du point de vue des synapses en effet, pourquoi se donner tant de mal à courir le marathon, à draguer, à se torturer les méninges alors que quelques milligrammes de poudre ou de fumée donnent sans effort un résultat immédiat ? Aldous Huxley dans Le Meilleur des mondes décrit un univers totalitaire où une drogue prétendue sans inconvénient, le soma, procurait à une population asservie tout le bonheur dont elle avait besoin.

La loi du moindre effort est un comportement universel, évident, logique, qui pousse à accomplir un minimum pour obtenir un maximum. Et en plus, ça s’apprend très facilement.

Griller une cigarette, boire un coup de trop, fumer un joint devant les enfants leur donne vite des idées.

« Grave » comme ils disent !

Mais alors, comment faire ?

Faudra-t-il instaurer une pédagogie de l’effort, pas de trente-cinq heures mais un vrai plein temps s’il s’agit de rechercher l’extase ?

Expliquer que le plaisir, ça se mérite, que tout bêtement le bonheur d’une victoire, quel que soit le domaine, ça demande de la préparation et de l’entraînement ? De la sueur et de l’huile de coude ! Prenez, moi, par exemple. Au hasard. La rédaction de cet article m’a demandé quelques efforts, quelques recherches, mais une fois fini…quel pied !
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